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Comment la forme cinématographique détermine une pensée de la Révolution

Juan BrancoArchives Telegram — texte de Juan Branco, messages 37–38

Couverture de Quatre films sur la Révolution française — montrer, penser, humaniser l’Histoire
Pourquoi quatre ? Pour comprendre à quel point la façon de montrer détermine la pensée.
Juan Branco, canal Telegram, 1er septembre 2020

À propos de l'ouvrage

Le 1er septembre 2020, Juan Branco publie ce diptyque critique consacré à quatre films sur la Révolution française. Il ne s’agit ni d’une actualité ni d’une simple liste : le texte élabore une pensée de la représentation historique, de la féodalité et de la chute de l’Ancien Régime.

Les deux messages sont reproduits intégralement ci-dessous, dans leur graphie originale. Cette notice conserve le texte de Juan Branco ; elle ne prétend pas donner accès aux quatre films et ne propose aucun faux téléchargement.

Avant que les accusations de royalisme ne pleuvent, quatre films sur la révolution. Danton de Wajda (avec Depardieu) La révolution française de Enrico et Effron (Commandé par mitterrand pour le bicentenaire) La marseillaise de Jean Renoir. La nuit de Varennes d'Ettore Scola, avec Mastroianni

Pourquoi quatre ? Pour comprendre à quel point la façon de montrer détermine la pensée. Voyez les deux premiers, et vous détesterez la révolution. Racontant l'Histoire comme une succession d'aventures individuelles, héroïsants, ils nous laissent avec un goût de sang qui révulse, sans possibilité d'adminiration pour ces personnalités. On se prend à se souhaiter monarchiste.

Jusqu'à ce que le troisième nous le rappelle: derrière ces corps, régnaient des idées qu'ils servaient. Ces idées absentes, ou invisibilisées, dans les deux premiers films, qui par nature deviennent réactionnaires. (Wajda ayant voulu rendre hommage, à travers son film, aux luttes de Solidarnosc contre le régime communiste en Pologne et aux grèves polonaises alors en cours, traçant un parallèle douteux entre les situations).

Le quatrième enfin, est une ôde à une autre forme d'individualisme, le seul sain, empli d'amour et d'empathie, de culture vis à vis du monde proche, à la fois que de distance, vis à vis des événements historiques que les différents personnages, y compris le roi, traversent en spectateurs. Un film qui érotise les rapports, et dès lors les humanise.

Tous quatres montrent la raison profonde de l'effondrement de l'ancien régime: la violence structurelle que produisait la féodalité (infinément plus lourde à porter pour les citoyens que celles qu'allait produire la révolution) ; le conformisme insignifiant dans lequel plongea l'aristocratie à mesure qu'elle se laissait absorber par les vanités de Versailles ; et l'impotence politique, très particulière et probablement liée à son éducation (il ne fut longtemps point Dauphin) du roi.

Auteur
Juan Branco
Année
2020
Éditions
Archives Telegram — texte de Juan Branco, messages 37–38

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