Juan Branco relit l’âge Guardiola du FC Barcelone comme l’expérience d’un absolu collectif : une forme de jeu devenue discours, où beauté, résultat, dignité et joie partagée pouvaient coïncider.
Juan BrancoArchive Telegram
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À propos de l'ouvrage
Le message 111 constitue le cœur textuel d’un ensemble commencé au message 108, consacré au départ de Luis Suárez du FC Barcelone. Le message 110 renvoie encore à la séquence publique de sa conférence d’adieu conservée par Marca : https://videos.marca.com/v/0_vo9592p3-casi-mas-lagrimas-que-palabras-asi-se-despidio-luis-suarez-del-barcelona?uetv_pl=ultimos-videos&count=0 Le texte de Juan Branco est reproduit ci-dessous tel qu’il apparaît dans l’archive Telegram, avec ses graphies d’origine. La vidéo « lacrymale » annoncée au message 114 n’est pas présente dans l’export ; le court extrait Twitter qui l’accompagne ne lui est pas substitué. Nous incarnions une forme de pureté qui, pendant quelques années, par l'émergence miraculeuse d'un ancien ramasseur de balles devenu capitaine de l'équipe, entraîneur de l'équipe B, qui arrive au centre de sa vie, le FCB, avec de jeunes joueurs habitués à trainer leurs guêtres en des petits terrains, une philosophie de jeu radicale, sans la moindre compromission, qui va porter le football à quelque chose s'approchant de l'art et obtenir les plus grands succès de l'histoire du club Les innovations tactiques, la sédimentation des acquis des années précédentes, vont se succéder jusqu'à proposer une forme de jeu qui devient discours, dans lequel les mouvements portent des mots. J'ai eu la chance d'assister à un certain nombre de matchs au Camp Nou, des plus glorieux (le 5-0 contre le Real madrid, que je vous engage à télécharger et voir dans son intégralité) jusqu'à l'effondrement face à Chelsea. Je me souviendrai toujours des larmes de Rikjaard, quelques matchs avant son départ, voyant son équipe, désengagée, abandonner toute lutte, le laissant seul et humilié. Le sentiment d'injustice qui s'en dégageait. Je me souviendrai toujours de ces années de bonheur qui ont suivi, où chaque weekend, une joie était garantie, simple et humaine, face un groupe nous portant et nous représentant, revendiquant gloire, simplicité et dignité. Je vous écrit tout cela, à vous qui n'y entendez rien et refuseriez d'y voir ce que le football est: une parabole de l'existence qui permet, par projections, de s'identifier et de déterminer à quelles valeurs se vouer. Tout s'est rapidement par la suite effondré, me débranchant de ce sport dont je ne m'étais jusqu'alors jamais éloigné. La vulgarité s'est généralisée, le Qatar a remplacé UNICEF, l'argent à repris ses droits et le jeu de cette équipe n'a plus ressemblé à rien. Une dégénérescence hallucinée, qui s'incarnera dans le départ forcé de ce joueur, pourtant arrivé après la gloire, accueilli alors qu'il venait de mordre un adversaire, protégé, rendu divin, puis littéralement dégagé. Rien, en moi, ne pourra égaler l'intensité du but d'Iniesta en demi finales contre Chelsea, la force de cette époque et l'impression qui s'en dégageait, à savoir qu'une forme d'absolu pouvait exister, équilibrant beauté et résultat, de l'humanité et de l'engagement enfantant une joie collective, immense et partagée par des millions de personnes que rien ne reliait. Je chercherais quelques années plus tard à me faire recruter comme traducteur d'un certain Marcelo Bielsa, inspirateur de Guardiola arrivé dans le club français de mon coeur, un certain Olympique de Marseille. C'était l'époque où à Vinci Construction, on me proposait de me recruter pour superviser la construction d'un tunnel londonien, et où, de visite des sièges de Total à ceux d'Yves Saint Laurent, je découvrais un monde dont je me tiendrais finalement distant. C'était l'époque qui précéderait Crépuscule, et un choix qui, loin de tout cela, m'amènerait.
Le message Telegram 100 du 19 septembre 2020 ajoute à ce cycle une photographie du huitième de finale retour FC Barcelone–Arsenal disputé le 8 mars 2011 au Camp Nou : Andrés Iniesta et Xavi Hernández apparaissent encerclés par les joueurs d’Arsenal. Le photographe n’est pas établi. Le JPEG Telegram exact est joint sans recadrage ni transformation.
Le message Telegram 110 du 26 septembre 2020 conserve la vidéo exacte de la conférence d’adieu de Luis Suárez au FC Barcelone, tenue le 24 septembre. Le MP4 original de 3 min 45,33 s est désormais joint sans découpage, réencodage ni substitution.
- Auteur
- Juan Branco
- Année
- 2020
- Éditions
- Archive Telegram
- Langue
- Français
- Format
- Fichier en libre accès


































































































