Courant avril 2021, alors qu’il vient de faire paraître un ouvrage théorisant et appelant à une révolution politique radicale (Abattre l’Ennemi), une femme, Nissia Benghazi démarche Juan Branco sur le réseau social Instagram, en lui envoyant un cœur. Elle se présente comme une dirigeante d’ONG et étudiante en sciences politiques. Après avoir passé la journée ensemble sur les quais de Paris et au Jardin du Luxembourg, elle le rejoint le soir-même à son domicile pour passer la soirée, puis la nuit, avec lui. Elle part le lendemain matin en l’embrassant.
Le surlendemain, elle dépose une main courante. Elle affirme Juan Branco n’a jamais été menaçant, violent, ou l’aurait contrainte physiquement. Elle prétend cependant qu’une forme de « contrainte morale » se serait appliquée sur elle, au motif qu’il aurait été insistant, alors qu’ils se trouvaient dans son lit, ce qui l’aurait amenée à se déshabiller et procéder à un rapport sexuel, avant de s’endormir à ses côtés, sans être certaine de l’avoir souhaité.
Elle prétend que lui et Juan Branco auraient pris un opiacé qui aurait changé le comportement de Juan Branco alors qu’ils étaient dans son lit. Celui-ci aurait cherché à lui embrasser l’oreille et à la chatouiller. Admettant s’être déshabillée elle-même et avoir passé la nuit avec lui après leur rapport sexuel, elle apparaît incohérente, affirmant avoir pris l’équivalent d’un tiers de codoliprane qui ne lui aurait fait aucun effet, mais qui aurait amené Juan Branco à vouloir coucher avec elle de façon insistante, l’amenant à « lui montrer ses pieds, lui embrasser l’oreille et la chatouiller » (sic), ce qui l’aurait amenée à se sentir intimidée. Elle admettra que celui-ci était resté en toutes circonstances tendre avec elle, mais affirmant qu’il se serait agit d’une stratégie.
Tandis que la policière en charge de la procédure Hanaé Gonthier, lui indique que les faits qu’elle décrit ne correspondent pas à une infraction, le parquet est informé et décide, quinze minutes après le début du dépôt de la main courante, d’ouvrir une enquête préliminaire et de transférer Nissia Benghazi vers un service de police, la 1ere DPJ. Il sera découvert que la directrice de la 1ere DPJ, qui va signer tous les PV de synthèse et superviser de prêt. La procédure, était sous le coup d’une enquête pénale déclenchée par Juan Branco un mois avant, et qu’elle considérait que celui-ci avait atteint à ses intérêts. Elle refuse de se déporter.
Nissia Benghazi tente de joindre Juan Branco sur le trajet, et le retrouve dès la sortie du commissariat, afin, de façon ambigüe, lui faire connaître la situation, l’interroger, avant de lui annoncer vouloir se retirer de la procédure.
Elle prend attache le lendemain avec les services de police à cette fin, laissant entendre qu’elle avait été manipulée. La 1ere DPJ, dirigée par Marie-Hélène Ciattoni, refuse de prendre le retrait de plainte, et lui donne rendez-vous trois jours plus tard. Moins de quarante-cinq minutes plus tard, la procédure fait l’objet d’une médiatisation immédiate, ce qui va entraîner la publication de plus de cent cinquante articles. Il sera découvert la conseillère justice de l’Elysée, Hélène Davo, était à l’origine des fuites.
Nissia Benghazi prend attache immédiatement avec Juan Branco et lui demande de l’aide, se disant piégée. Celui-ci ne répond pas. De nouvelles publications révélant des extraits de PV interviennent. Juan Branco prend attache avec le commissariat afin de demander à s’expliquer. Le jour du rendez-vous pris pour retirer sa plainte, les services de police l’appellent en amont. Elle leur indique alors se sentir sous pression des policiers, ne pas avoir porté plainte, et, face à l’insistance des policiers, ne pas savoir si elle se rendra au commissariat.
Une information judiciaire est ouverte, avec une commission rogatoire de trois mois. Les enquêteurs vont passer au peigne fin l’intimité de Juan Branco.
À la fin de cette commission rogatoire, le 18 octobre 2021, seuls des témoignages en faveur de Juan Branco et en défaveur de la partie civile ont été recueillis. L’examen médical après l’acte sexuel n’établit aucun jour d’ITT. Nissia Benghazi, qui a refusé de se présenter à la confrontation alors que Juan Branco a été placé en garde à vue, a couché 24 heures après les faits avec son conjoint, ce qu’elle avait caché aux enquêteurs et surtout aux médecins chargés de l’examiner, qui lui avaient posé la question. Son conjoint, qui avait contacté les forces de l’ordre afin de les prévenir, alerte de ce qu’elle lui avait parlé, en riant, de son rapport sexuel avec Juan Branco et de son accusation. Nissia Benghazi qui nie dans un premier temps, est forcée de l’admettre.
Les éléments ne sont également pas favorables en ce qui concerne sa personnalité. Ils présentent en effet un hiatus entre ses déclarations à la procédure et dans l’espace public, où elle se présentait notamment comme une étudiante modeste, directrice d’ONG – sa page Linkedin lui attribuait diverses responsabilités dans le domaine dès l’âge de… 8 ans – et la réalité de ses activités.
Celles-ci en font principalement une mannequin et actrice occasionnelle, y compris dans des « shootings érotiques », participant depuis l’âge de 20 ans à des soirées privées organisées par des promoteurs liés à des affaires de proxénétisme, notamment Hermann Bondji, dans les quartiers chics de grandes villes internationales, avec des personnes d’un certain âge dotées d’un revenu important. Son niveau de vie, qui l’amène à ne cesser de voyager de Bali à Monaco en passant par Los Angeles et d’autres capitales, apparaît sans rapport avec sa condition réelle et celle de ses parents, d’origine modestes, et lui permet de parcourir le monde dans des conditions particulièrement luxueuses. Alors qu’elle nie dans un premier temps tout lien avec ces activités, elle doit admettre finalement leur existence, tout en les relativisant.
Il est par ailleurs découvert que Nissia Benghazi a effacé non seuanlement des éléments clefs de ses échanges avec Juan Branco, mais toutes les données de son téléphone, et notamment ses échanges avec son conjoint, le 7 mai 2021, moins de dix jours après les faits. Elle avait été contactée pour la première fois quinze jours avant les faits avec le patron d’une agence de mannequins fantôme, Pierre-Antoine Rousset. Celui-ci, devenu son principal interlocuteur tout au long de la période, avant de disparaître subitement, ne sera jamais interrogé par les policiers, jusqu’à ce qu’il soit découvert qu’il s’était entièrement désolidarisé de sa « représentée » après avoir découvert certains faits.
Il est par ailleurs découvert que Nissia Benghazi parlait de l’affaire de façon codée avec son conjoint, qu’aucun de ses proches ne s’est montré convaincu des récits profondément contradictoires qu’elle aura donnés des faits, et qu’elle s’en ouvrait régulièrement dans des soirées mondaines.
Il est découvert que des photos d’elle nue étaient postées dans un catalogue de nus suggestifs, et qu’elles étaient vendues jusqu’à 3000 euros pièces, qui va être suspectée de servir de façade à un service d’escorting de luxe caché.
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À la procédure que nous avons consultée, aucun témoignage relatif à des comportements déplacés de Juan Branco n’est recueilli pendant la période. L’enquête se poursuit cependant, malgré l’expiration du délai de la première commission rogatoire. Le premier expert psychiatrique qui ausculte Juan Branco, Franck Moquin, affirme que l’affaire serait due à des inimitiés dans la police, et admettant être sous pression, commet un faux concernant les déclarations de Juan Branco, ce qui amène le parquet de Meaux à ouvrir une information judiciaire contre lui. Les trois experts mobilisés à l’égard de Juan Branco confirment qu’il ne souffre d’aucune pathologie, et n’est pas susceptible d’avoir commis les infractions. Le service enquêteur chargé de la procédure est alors mis en contact direct avec Médiapart, qui a révélé en 2021 enquêter sur ce dernier depuis 2019, après que Juan Branco ait exposé les liens d’Edwy Plenel avec Xavier Niel. Une association, « Clit révolution », est mobilisée afin, dira Sharon Hakim, de « trouver de nouvelles victimes ». Aucune n’est trouvée. Juan Branco est cependant mis en examen fin octobre 2021. L’ouvrage Ministère de l’injustice révèle que l’Élysée est informé en amont et cette mise en examen, qui est immédiatement rendue publique par le « journaliste » Aziz Zemmouri.
Sharon Hakim, qui est à l’initiative d’un article à charge de Médiapart sur Juan Branco qui n’avait donné aucune révélation sérieuse, prend alors attache avec l’enquêteur en charge de la procédure. Son témoignage va être qualifié de « spontané » - ce qui se révèlera par la suite faux. Elle affirme qu’en 2017, Juan Branco aurait glissé la main sur ses fesses alors qu’ils étaient assis sur un lit, vers minuit, chez lui, et que, selon elle, ils rapprochaient leurs visages afin de savoir « qui céderait le premier ». Selon elle, elle aurait alors demandé à Juan Branco de retirer sa main, ce qu’il n’aurait fait qu’après qu’elle le lui ait demandé deux fois.
Cela permet de la qualifier de « témoin victime ». Juan Branco est mis en examen pour agression sexuelle de ce fait. L’instruction ne trouvera aucun élément permettant de suggérer que les faits aient eu lieu : le seul témoignage par ouï dire d’une personne à qui Sharon Hakim en aurait parlé date de 2019, deux ans après les faits. Il s’agit d’un ancien collaborateur de Juan Branco, Jean-Baptiste Gallopin, qui s’était vu écarter par ce dernier. Sharon Hakim, qui a bloqué Juan Branco sur Instagram dans l’espoir que leurs messages soient effacés, se voit cependant confrontée au fait qu’elle l’ait sollicité de façon répétée dans les mois qui suivi les supposés faits, à des fins sexuelles et de séduction, recevant des fins de non-recevoir de façon toute aussi répétée. Jean-Baptiste Gallopin, le témoin par ouï dire produit par Sharon Hakim, doit admettre qu’il n’a jamais eu vent d’une seule allégation de mauvais comportement de Juan Branco. Il est enfin découvert par ailleurs qu’il participait régulièrement à des orgies à l’université de Yale et se vantait d’embrasser des étudiants « undergrad » (de premier cycle universitaire) alors qu’il était chercheur et professeur là-bas. Ayant démarché avec insistance Juan Branco alors que celui-ci y était enseignant, pour développer un rapport avec lui, il est découvert qu’il avait été une des sources d’articles à charge publiés contre Julian Assange et Wikileaks, utilisant et déformant les confidences de Juan Branco, auprès de New Yorker et d’autres organismes. Il est recruté au siège de Human Rights Watch à Paris dans la foulée.
Sharon Hakim cherche alors à convaincre plusieurs personnes de témoigner contre Juan Branco. Elle s’approche ainsi d’une amie d’enfance de Leslie Joy Morel, condamnée pour dénonciation calomnieuse pour viol qui va lui opposer une fin de non-recevoir, Léa Mandana Roche. Elle réussit à convaincre la plus proche amie de Gabriel Attal, Leslie Joy Morel, qui l’a présentée à Juan Branco. Les enquêteurs acceptent d’échanger avec elle sans la rencontrer, et de lui faire produire un témoignage écrit sur questions préalables, qu’ils ne lui feront signer que rétrospectivement. Ce témoignage, d’une quinzaine de pages contient des digressions de plusieurs pages sur la famille de Juan Branco, et peu d’éléments sur Juan Branco lui-même. Elle indique ainsi avoir, avant tout, un intense contentieux avec son père depuis qu’il l’a licenciée, alors que selon lui, elle s’était présentée ivre et sous stupéfiants à son travail, et revient principalement sur cet épisode. Ce n’est que de façon succincte qu’elle indique avoir couché avec Juan Branco en octobre 2017, après une soirée arrosée en discothèque, et alors qu'ils étaient rentrés ensemble chez lui. Elle n’allègue ni contrainte, menace, surprise ou violence, mais elle considère qu’il se serait néanmoins agi d’un viol, en ce que Juan Branco était « comme un frère », qu’ils ne s’étaient jusqu’alors « jamais désirés », qu’il était amoureux d’une autre femme, et qu’elle avait elle-même un conjoint. Elle affirme ne pas s’être opposée à lui, et être restée dormir à ses côtés, avant de partir le lendemain. Après avoir refusé plusieurs fois de porter plainte, elle finit par se laisser convaincre par la juge d’instruction enquêtrice de se constituer partie civile.
Il sera démontré que loin d’avoir été traumatisée par leur rapport sexuel, Leslie Joy Morel dès le lendemain des faits, a écrit à Juan Branco qu’elle a dormi « comme un ours », dans des échanges retrouvés par ce dernier in extremis, avant de lui demander des photos de la soirée, dire qu’ils sont beaux, et faire des blagues au sujet de la fête à laquelle elle a participé. Confrontés à ceux-ci, Leslie Joy Morel s’effondre en larmes, et ne donne aucune explication. Elle affirme avoir « conscientisé » qu’elle aurait été « violée » quelques semaines après les faits, dans une cave chez un ami homosexuel dont elle était amoureuse. Elle avait cependant affirmé qu’elle s’en était « rendue compte » un an et demi après, le jour de la fête des femmes, lors d’une manifestation.
Il est établi qu’elle s’était en réalité rendue dès le surlendemain à une fête chez Juan Branco, dans les lieux mêmes où le rapport sexuel a eu lieu, et où des témoins proches d’elle attestent que son comportement était tout à fait normal à son égard. Il est révélé qu’elle a continué à échanger avec lui sans difficultés dans les semaines qui ont suivi.
Elle dira par la suite, dans son témoignage de clôture, qu’elle a « peur d’être empoisonnée ».
Juan Branco n’en est pas moins mis en examen une troisième fois. Les policiers ne trouvant aucun témoignage autre que ceux-ci, et l’instruction établissant que Juan Branco a un profil psychologique et relationnel normal, stable, sans la moindre forme de déviance, d’addiction, ou de comportement sexuel déréglé, elle s’achève. Les témoignages de ses anciennes compagnes sont unanimes.